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Agosto 2020





ENLACES

La célébration en ligne de la Journée mondiale de l'environnement dans chacun des 4 pays bénéficiaires du PPI-OSCAN a motivé la mise en place de nouveaux webinaires thématiques collaboratifs à l'initiative des organisations de la société civile, établissant une nouvelle dynamique pour surmonter les restrictions de déploiement des activités sur le terrain imposées par le confinement.

Afin de maintenir un échange et une communication efficaces et régulières entre les OSC, un cycle de 4 visioconférences thématiques a été lancé en juillet 2020 afin de donner l’occasion aux organisations de la société civile de partager leurs bonnes pratiques et solutions développées pour faire face aux diverses contraintes et défis auxquelles elle font face pendant la mise en œuvre de leurs projets respectifs. 

À l’issue de ces rencontres, des partenariats régionaux seront lancés pour le développement de nouveaux de projets, notamment l’idée de la mise en place d’un éco-village maghrébin comprenant un circuit écotouristique allant de la Libye jusqu’au Maroc. De plus, des conventions nationales et régionales  communes vont être signées et une application mobile conjointe tuniso-libyenne pour la localisation des espèces va être développée.

La technologie au profit de la conservation de la nature

Le premier zoom thématique, qui a eu lieu le 8 juillet sur le thème de la technologie au profit de la conservation de la nature, a permis aux représentants des OSC bénéficiaires du PPI-OSCAN participantes, à savoir : l’Association Affak Tanmiyat El Mouhit (Algérie), l’Association Tunisienne des Randonneurs d’Akouda, Alhaya Organization for the Protection of Marine and Wildlife Organisms (Libye) de présenter les technologies qu’elles utilisent dans leurs projets respectifs ainsi que ses principaux atouts, défis et les obstacles rencontrés lors du choix du matériel et des équipements. Dans plusieurs cas, les associations rencontrent des difficultés lors de l’obtention d’autorisations nécessaires à l'utilisation de ces équipements.

L’importance de l’utilisation de la technologie dans la conservation des espèces se manifeste notamment par la collecte de données - par exemple l’utilisation de caméras- pièges, de caméras digitales et de jumelles ou télescopes d’observation - qui permettent de mieux connaître les espèces et leur mode de vie et ainsi, choisir et utiliser les techniques adéquates à leur protection.

L’installation de caméras permettant d’observer de nouvelles espèces dans la région a permis à l’Association Tunisienne des Randonneurs d’Akouda de découvrir leur mode de vie et également de découvrir de nouvelles espèces (qlq exemple de nouvelles espèces ?). L’intervention de la population locale dans la détection des espèces est primordiale car il s’agit de populations présentes sur le terrain, qui connaissent bien la faune existante et peuvent les signaler aux associations.

En outre, des partenariats ont eu lieu entre les associations Akouda en Tunisie et Alhaya en Libye afin de partager des données et des connaissances et d’élaborer des rapports d’observation conjoints. Des visites de terrain ont déjà été réalisées en Tunisie en février dernier et ont permis l’identification de nombreuses espèces grâce au matériel avancé de l’association tunisienne. Cet échange de matériel et ce soutien interpays permet de renforcer la collaboration associative entres les pays d’Afrique du Nord pour la conservation de la biodiversité et l’amélioration des connaissances sur certaines espèces.

Conservation des espèces

Le 21 juillet a eu lieu le 2ème rencontre virtuelle sur le thème de la conservation des espèces auquel ont participé l’Association Marocaine de Protection des Oiseaux et de la Vie Sauvage, l’Association Terre Verte (Algérie), l’Association Biologie, Biodiversité & durabilité (pays ?), Perle du Zaccar (Algérie), l’association Exploralis (Tunisie) et l’Association pour la Protection de l'Environnement et le Développement Durable de Bizerte (Tunisie).

Les associations participantes ont présenté les actions qu’elles développent pour la préservation des espèces, les actions de plaidoyer, les inventaires des espèces, les écomusées et ont rappelé l’importance de la participation de la sphère académique et de la recherche afin d’élargir leur réseau au niveau régional et national. Elles ont souligné leur désir de travailler en étroite collaboration avec les autorités nationales afin de renforcer les initiatives de conservation jusqu’au niveau international.

« Nous avons besoin d’un dialogue et de concertation régulière avec les institutions gouvernementales pour pouvoir avancer » a déclaré Mme Nejoua Bouraoui, membre de l’Association pour la Protection de l'Environnement et le Développement Durable de Bizerte en Tunisie.

 

Ces visioconférences ne servent pas qu’à renforcer les réseaux entre organisations mais également à les aider à développer de potentiels partenariats avec les autorités publiques.

S’il existe une liste rouge de l’UICN permettant de classer les espèces menacées dans le monde, les participants à la visioconférence ont évoqué la nécessité de la création et de la mise à jour d’une liste rouge des espèces menacées en Afrique du Nord afin d’orienter les stratégies de conservation vers ces espèces.

« Il ne suffit pas de savoir quelles espèces se trouvent dans la région pour mettre en place des actions de conservation, il faut aussi connaître l’état des populations en se basant sur les normes de l’UICN » explique Mr Zakher Bouragaoui de l’Association Exploralis en Tunisie.

Des inventaires d’espèces ont été élaborés par les associations en partenariats avec d’autres institutions afin de mieux connaître la biodiversité des territoires respectifs et de mettre en place des mesures adéquates permettant de la préserver au mieux.

L’apiculture et techniques de conservation en Afrique du Nord

En Afrique du Nord, l’apiculture est parfois la seule activité économique à portée de main pour des populations locales, c’est donc une pratique qui retient beaucoup d’attention et d’appui. De plus, elle permet de protéger des populations d’espèces d’abeilles parfois endémiques grâces à des méthodes d’apiculture spécifiques à chaque  Cette activité devient même souvent une passion pour les apiculteurs.

La 3ème  visioconférence, qui a eu lieu le 13 août sur le thème de l’apiculture en Afrique du Nord, a compté sur la participation de Association Alhaya Organization for the Protection of Marine and Wildlife Organisms de Libye, l’Union Apinectardev du Maroc et Ibrahim Elkahwage, coodinateur libyen du PPI-OSCAN.

Les associations participantes ont tout d’abord rappelé le rôle important des abeilles en tant que maillon essentiel du maintien de la biodiversité et ont partagé leurs expériences en apiculture, se faisant à travers des pratiques ancestrales qui favorisent le maintien de l’équilibre écologique et économique.

Cependant, de nombreuses organisations n’ont pas les moyens de se fournir du matériel adéquat et de qualité permettant de réaliser l’apiculture dans de bonnes conditions (ruches usées par exemple) et nécessitent des fonds supplémentaires pour réaliser leur activité dans de bonnes conditions.

A l’issue de cette conférence, les associations ont exprimé leur désir de développer des partenariats régionaux avec des initiatives communes afin de mobiliser des fonds supplémentaires et de pouvoir former un réseau régional. Ce réseau permettra de mettre en place un observatoire au niveau régional, ou un plaidoyer pour la préservation de cette activité. La coalition d’associations qui travaillent dans le même domaine permettra de chercher des appuis technique et financier auprès de fondations et d’organisations intéressées.

Écotourisme oasien et zones désertiques

Face à de nombreux problèmes de sécheresse extrême causée par les effets du changement climatiques, les associations ont su trouver des alternatives pour la valorisation et la préservation des sites, à travers en autre le tourisme éco-responsable. Développement socio-économique d’une région, création d’emplois, mises en place d’itinéraires géo-touristiques… sont autant de solutions trouvées permettant de préserver la biodiversité de toute une région.

Le 20 août a marqué la tenue du dernier webinaire thématique du mois avec une visioconférence sur le thème de l’écotourisme oasien. La participation de l’Association Akhzan pour le Développement et la Coopération au Maroc, l’Association Foggara d’Aghmoul d’Algérie, Association IRADA pour le développement de Tozeur, et l’Association d’Avenir des Jeunes de Gafsa en Tunisie a permis de mettre en lumière la situation de  l’écotourisme dans les zones oasiennes et désertiques en Afrique du Nord.

Les associations ont rappelé l’importance de la nécessité d’intervenir pour garder l’équilibre écologique et sensibiliser la population locale aux effets des changements climatiques à travers le changement de comportement, d’usage et d’exploitation des ressources naturelles, et ont souligné le fait que le tourisme dans les zones désertiques s’inscrit dans une série de paradoxes et doit être développé avec de nombreuses précautions.

En effet, s’il peut être à la fois vecteur de développement et de lutte contre la désertification et la pauvreté lorsqu’il est bien géré et tient compte de la spécificité et de la fragilité des écosystèmes désertiques, il peut aussi être destructeur tant des modes de vie des populations locales que des milieux naturels, s’il n’est pas suffisamment contrôlé. 

Il est donc important de veiller à sa durabilité dans les zones n’ayant pas encore connu ces effets négatifs.

Le débat a permis de mettre en lumière la nécessité de coopération et de mobilisation des élus et notamment les ressources humaines spécialisées dans le domaine de l’écotourisme oasien.

Une proposition de solution a été apportée par l’association Akhzan pour le Développement et la Coopération, qui a présenté son projet d’éco-village de Labouirat au Maroc (validé à la COP22 du changement climatique) : « L'ouverture des passerelles de communication inter-pays permet la promotion et la valorisation de l'écotourisme oasissien et désertique dans le grand Maghreb. »

L’écotourisme oasien est une démarche qui peut aider à mettre en place des effets de leviers en termes de développement local des territoires, et ce, à travers la valorisation des territoires : produits du terroir, biodiversité, agriculture, élevage, etc…  

L’écotourisme oasien a un fort potentiel de développement local des territoires et doit être valorisant pour les populations locales et leurs activités (produits du terroir, agriculture, élevage…).

Il s’agit d’un secteur qui doit faire preuve d’innovation afin de se préparer à cette croissance, bien que les effets du changement climatique lui aient imposé des limites : 

« À cause des incertitudes du climat surtout dans les zones désertiques, les populations entretiennent une certaine réticence aux innovations. Elles ne veulent pas faire état de leur savoir- faire local. Il est donc temps de mettre l'accent sur leur implication dans les projets de développement et de conservation de la biodiversité » a expliqué Mr Salem ? président de l’association Akhzan.

La clôture de ce cette série de conférences s’est faite sur une note positive : 

« La solidarité est notre destin pour les associations oeuvrant dans les zones désertiques et aride, ce qui nous rassemble est beaucoup plus fort que ce qui nous divise » a ajouté Yassine Barrani, président de l’association IRADA pour le Développement de Tozeur.

Des synergies interpays qui débouchent sur des partenariats

Ces webinaires s’inscrivent dans le cadre du plan d’action du programme concernant la composante : facilitation des réseaux régionaux thématiques entre les OSC. D’autres conférences en ligne seront organisées prochainement sur des thématiques diverses, et resteront un lieu d’échange et de partage pour les associations des 4 pays nord-africains permettant aux OSC de continuer à échanger sur les bonnes pratiques de conservation et d’élargir leur réseau de communication .

Le PPI-OSCAN, Programme de Petites Initiatives pour les Organisations de la Société Civile d’Afrique du Nord, est un programme pour le renforcement de la Société Civile

d’Afrique du Nord qui aide les associations émergentes voulant s’impliquer dans les nouveaux enjeux de l’environnement et du développement durable à travers des initiatives innovantes de terrain. Le programme intervient en Algérie, en Libye, au Maroc et en Tunisie  et est entré dans sa deuxième phase en 2018, qui s’étend jusqu’à 2021. Mis en œuvre par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (Centre de Coopération pour la Méditerranée), il est cofinancé par la Fondation MAVA et le Fonds Français pour l’Environnement Mondial

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